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L’entrée en maison de retraite vue par une psychologue

Les admissions en maisons de retraite sont généralement réalisées dans l’urgence, sans grande préparation. Les familles sont contraintes de trouver une solution et l’admission se fait davantage en remplissant des formulaires, qu’en discutant avec la personne âgée et en la rassurant. Une admission mieux préparée et davantage anticipée facilitera l’intégration de la personne âgée à son nouveau mode de vie.

Isabelle Kermorgant, psychologue dans un Ehpad (établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes) du Perreux, et Isabelle Palacin, psychanalyste et thérapeute familiale, expliquent le côté psychologique d’une entrée en maison de retraite. Isabelle Kermorgant qualifie une entrée en maison de retraite de «déménagement très particulier». «Parce que ce déménagement emmène la personne dans ce qui sera probablement sa dernière demeure, et un jour où l’autre, quel que soit son état, elle en prendra conscience», explique-t-elle.

Cette admission doit être préparée et réalisée en douceur. La consultation pré-admission jour un rôle extrêmement important dans la réussite de l’intégration. «Après examen, par le médecin coordonnateur, des dossiers de candidature, nous organisons pour chacun une rencontre durant laquelle “l’éventuel” résident est reçu, et en général accompagné de sa famille, explique la psychologue. C’est à l’issue de cette rencontre que l’admission peut être envisagée.»

La famille est le maillon décisionnaire dans une entrée en maison de retraite. Mais quelques fois, la charge émotionnelle étant trop lourde, elle a besoin d’aide pour ne pas faire de mauvais choix. «C’est une population en crise qui nous arrive le plus souvent. Ils ont fait une chute, ou se sont montrés de plus en plus désorientés, ne sortent plus de chez eux… Et les enfants ou même les conjoints “n’en peuvent plus”. Pourtant, dans les cas de troubles cognitifs par exemple, qui évoluent à bas bruit, nous constatons que les proches n’ont, le plus souvent, pas osé en parler. Lors de cette première visite, certains utilisent encore le mot de “maison de repos”, ou affirment “c’est du provisoire”, tant ils se sentent culpabilisés de devoir inscrire la personne âgée», regrette Mme Kermorgant. «Parfois l’épuisement et l’angoisse des “aidants” sont si intenses qu’on en oublie “le sujet” principal et le désir même de la personne âgée est squizzé, observe Mme Palacin. Or ce moment de la vie est essentiel à “travailler” et il est opportun d’avoir un espace neutre pour, simplement, en parler, en évaluer la nécessité. Et réaliser qui veut quoi, pour qui, et pourquoi».

Lors de la consultation de pré-admission, les médecins dressent un bilan de la situation familiale et se rendent alors compte si oui ou non l’entourage sera un élément d’aide à la bonne intégration de la personne âgée. «Plus qu’une simple discussion sur les aspects pratiques, cela permet d’aborder peu à peu des questions plus délicates, estime la psychanalyste. Par exemple: la personne a-t-elle connu un deuil récemment, devra-t-elle se séparer de son animal familier? Car ce départ en maison de retraite renvoie à toutes les séparations qu’elle a dû traverser dans son existence.»

«Dans ce moment de crise, des rivalités anciennes, des problématiques œdipiennes refoulées peuvent réapparaître», ajoute Isabelle Palacin. Et à l’inverse. «Plus les proches seront rassérénées autour du futur résident, mieux le processus se déroulera».

Ce travail en amont est d’une importance capitale. «Le but est que le résident se sente peu à peu chez lui, insiste Isabelle Kermorgant. Cela demande du temps, mais c’est possible.»

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