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Plus d’attention que de médicaments en maison de retraite

De plus en plus les professionnels de la santé tendent vers une approche non médicamenteuse. Ils se sont aperçus que les psychotropes faisaient plus de mal que de bien. En effet, leur bienfait est ponctuel, ils soulagent une douleur en surface mais causent des dégâts sur du long terme.

Ainsi, les médecins gériatres, ont décidé de diminuer les doses de médicaments et d’alléger les ordonnances des personnes âgées.

A la maison de retraite de Bram dans l’Aude, le personnel soignant privilégie des animations aux médicaments. Dès que les infirmiers sentent que certains patients sont en crise, en détresse, dès qu’ils s’agitent, ils organisent sur place une animation collective ou individuelle afin d’apaiser les esprits.

Jeannine Passmar est infirmière à la maison de retraite de Bram depuis des années, et elle est ravie de ce changement. C’est une approche différente, on n’essaye pas d’éteindre la personne âgée par une pilule mais au contraire de lui faire aimer la vie. C’est une vision très innovante et ô combien bienfaitrice. « Nous faisons des chansons, nous regardons des albums photos, nous pouvons même faire quelques pas de danse si on sait qu’il y en a qui aiment bien danser. Il faut que dans le quart d’heure qui suit notre animation flash, la personne soit apaisée. »

Lorsqu’un patient, atteint de la maladie d’Alzheimer, s’agite, elle a pour habitude de le prendre avec elle dans sa tournée des soins.  « Je lui ai proposé de venir faire les soins. Vraiment j’avais besoin d’elle et elle a très bien accepté et ça évite un médicament. »

Le médecin Dr Paul Vera, docteur à la maison de retraite de Bram, est à l’origine de ce changement. Il épluche les ordonnances lorsque de nouvelles personnes âgées sont admises dans la maison de retraite. « Très souvent les ordonnances sont faites et ne sont plus révisées. Donc les médicaments persistent pour rien. Ils n’ont plus lieu. C’est à nous d’organiser le nettoyage. »

Les personnes âgées, pour la plupart, sont satisfaites de cette diminution de psychotropes. Pélagie Schultz, 83 ans, « Je suis mieux, je me sens mieux, je dors mieux. »

Les familles des pensionnaires, eux aussi, sont ravis de voir le corps médical se préoccuper de la santé de leurs proches au point de changer toutes leurs habitudes. Jean-Claude Bossieux, fils d’une pensionnaire à la maison de retraite de Bram, « Certains médicaments n’améliorent pas la qualité de soins et d’existence de la personne. »

Néanmoins, comme chaque nouveauté, elle est acceptée par certains et controversée par d’autres. Avant d’arriver à un plan d’action officiel, qui s’imposera à tous les établissements, il faut convaincre les plus sceptiques, ceux dont l’esprit conservateur est trop fort pour s’adapter à un changement si important. Philippe Verger, chargé de la mission médicament en maison de retraite, « Il y a aussi plusieurs prescripteurs, le médecin traitant, le médecin hospitalier, le spécialiste, vous avez un millefeuille au niveau de la prescription. »

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