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Maisons de retraite: Victimes de maltraitance administrative?

Entretien avec Julien Teysser, président de la Fnadepa-Gard.

Julien Teyssier est président de la Fnadepa-Gard (1)

Vous dénoncez une logique de rentabilité financière appliquée par l’Etat aux maisons de retraite…
Nos politiques sont entrés dans une aire d’économies. On demande aux établissements de réguler les coûts. Nous, directeurs de maisons de retraite, nous disons que la maîtrise des coûts, de véritables coupes sombres en fait, n’est pas ce qui va amener la qualité dans les établissements. Nous redoutons de ne devenir que des gestionnaires obsédés par la rentabilité et que l’on en vienne à oublier notre métier, en terme de qualité de service rendu.

Est-ce que la notion de rentabilité, la logique de performance, est vraiment adaptée à notre métier ?
Vos propos font écho à ceux des médecins, des personnels hospitaliers opposés à la loi Bachelot…Tout à fait. Nous craignons de ne plus avoir de moyens pour assurer la qualité de l’accueil, le bien-être des pensionnaires. Nos personnels sont à flux tendus, on va vers l’usure du personnel alors que l’on reçoit des populations de plus en plus dépendantes.

Manque-t-il beaucoup de places en maison de retraite dans le Gard ?
Oui. Beaucoup d’établissements avaient déposé des projets. Ils sont en attente des financements prévus du conseil général (2).

Une réforme tend à transférer les lits longs séjours de l’hôpital en lits médicalisés de maison de retraite. Est-ce une solution ?
On risque de se retrouver avec une population très dépendante sans avoir plus de moyens financiers.

La maltraitance en maison de retraite ?
Il y a deux types de maltraitance. Celle découlant de personnes mues par l’envie de nuire. Et puis celle conséquente à un manque de moyens, de temps. C’est là la première maltraitance, une maltraitance administrative. (2) Le schéma de gérontologie du Gard prévoyait, entre 2004 et 2009, la création de 1 300 places. Moins de 800 ont pu être réalisées. Le financeur, le conseil général, indique que les quelque 600 places en souffrance sont conditionnées par les apports de l’Etat. Toutefois, 200 d’entre elles pourraient être débloquées très prochainement.

(1) La section gardoise de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) tenait récemment un colloque à Nîmes sur le thème : « Peut-on parler de performance et de rentabilité dans le secteur médico-social ? »

Source: Midi Libre

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