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Les pensées d’un aidant Alzheimer

La société a tendance à minimiser les efforts des aidants Alzheimer. On croit que seul le malade souffre, comme dans toute autre maladie. Et pourtant pour Alzheimer c’est différent. Ce sont neuf lettres que le malade a sitôt oubliées et que l’accompagnant a sitôt gravé avec des fils de douleur dans son être.

Après quarante neuf ans de vie commune, d’instants de bonheur partagés avec Mireille, Michel apprend que son épouse a la maladie d’Alzheimer. Alors qu’on aurait pu croire que son monde sécroule, Michel, au contraire, se renforce et compatit,« Finalement, à l’annonce du diagnostic en 2006, le ciel ne m’est pas tombé sur la tête car ma mère et ma belle-mère ont fini leur jour atteintes de cette maladie. J’avais bien remarqué quelques bizarreries dans le comportement de ma femme, comme le fait qu’elle prenne les chaussettes ou les crèmes d’amies à qui nous rendions visite, ou qu’elle se perde dans Poitiers alors qu’elle devait se rendre dans une administration. Mais jamais je n’avais pensé à Alzheimer. »

Michel se bat au quotidien par amour pour sa bien-aimée, mais d’où puise-t-il la force ? « Ma force, je la tire de nos souvenirs, du couple très soudé que nous formions. Malgré la maladie, nous recevons toujours nos amis et nous continuons d’aller au cinéma et puis j’ai appris la patience. »

Il ne baisse jamais la garde pour que Mireille soit toujours en sécurité. « Mireille reste tendre avec moi, mais pour le reste je gère tout. La cuisine, les courses, la toilette, le ménage, le repassage, les papiers en plus de faire attention à elle. Je dois par exemple fermer la porte de l’appartement pour éviter qu’elle ne sorte seule. »

Heureusement, Michel a pris conscience qu’il ne pouvait pas y arriver seul. Il a donc accepté de l’aide, « Une journée par semaine, je dépose Mireille à l’accueil de jour d’une maison de retraite de la région. Elle est inscrite à divers ateliers comme le chant ou l’épluchage des légumes. Je veux aller le plus loin possible tout seul sans aide. Mais alors que c’était vivable au début, c’est aujourd’hui chaque jour un peu plus difficile. Je sais que je ne vais plus tarder à demander du soutien, pour quelques heures de ménage ou de repassage ou pour une deuxième journée en accueil de jour, je ne sais pas encore. C’est aussi pourquoi fin 2012, j’ai participé à un atelier Fil mauve (Ces ateliers apportent soutien, écoute et conseils aux aidants familiaux de malades d’Alzheimer. Prochain atelier le mardi 5 mars de 9?h?30 à 12 h, à la salle des Magnals à Mignaloux-Beauvoir. Information et inscription au 05.49.50.02.79 ). J’avais besoin d’une écoute, de partage mais aussi de savoir si je faisais bien. J’ai pu me confronter à d’autres aidants et c’était très enrichissant. Mais, aujourd’hui je me pose encore un certain nombre de questions. J’ai 75 ans vous savez, je ne suis pas à l’abri de la maladie ou même de disparaître avant Mireille. Que deviendrait-elle?? Quand la mettre sous tutelle?? Ou en maison?? »

La ferveur et la tendresse qui animent le combat de Michel sont dignes d’éloge et de respect. « Il ne faut pas dramatiser. Mireille et moi avons eu une vie très heureuse. Je la regarde juste « ?s’absenter? » en me rappelant nos très bons souvenirs dont elle a sans doute presque tout oublié. »

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