Des adultes handicapés ou âgés qui logent en famille d’accueil plutôt qu’en foyer ou maison de retraite : la formule est appelée à se développer. Elle constitue une réponse souvent chaleureuse à la solitude, moins onéreuse que la structure collective.
Dans la famille Pfeiffer à Offwiller, Christian, Jean-Marie et Edmond participent à la préparation des tartes aux mirabelles et aux pommes qui régaleront tous les convives. Photo Jean-Marc Loos
Des adultes handicapés ou âgés qui logent en famille d’accueil plutôt qu’en foyer ou maison de retraite : la formule est appelée à se développer. Elle constitue une réponse souvent chaleureuse à la solitude, moins onéreuse que la structure collective.
« La prise en charge des personnes âgées ou handicapées par les familles d’accueil est excellente, très personnalisée », constate Sylvie Sellner, assistante sociale chargée du suivi de l’accueil familial au conseil général du Bas-Rhin. Ce département compte 88 accueillants familiaux et 110 places agréées. Les places vacantes y sont peu nombreuses. La plupart des personnes accueillies sont orientées vers une famille d’accueil par les services de psychiatrie. « Mais le conseil général veut aussi développer cette forme d’accueil pour les personnes âgées, comme alternative aux maisonsde retraite », poursuit-elle.
La crainte de déranger
Le Haut-Rhin ne compte qu’une trentaine de familles d’accueil alors que sur l’ensemble du territoire national, on en dénombre quelque 10 000 : « C’est un dispositif qui peut répondre à des besoins spécifiques, qui fonctionne bien en milieu rural. Or, le Haut-Rhin est un département très urbanisé », constate Christian Fischer, directeur de l’autonomie au conseil général. « La demande n’est pas forte, malgré les campagnes d’information. Sans doute parce que le Haut-Rhin est bien doté en établissements d’accueil. »
Dans d’autres départements, le recours à l’accueil familial est bien plus courant : 400 à 500 familles accueillent des adultes dans des départements comme le Nord ou la Charente-Maritime. « En Alsace, et plus généralement dans l’est de la France, on hésite à entrer dans une famille par crainte de déranger. Ces réticences sont moindres dans les régions de l’ouest », constate Etienne Frommelt, président de l’association Famidac. Pour cet Alsacien, qui a grandi à Buhl et s’est établi en Ardèche il y a une trentaine d’années, l’accueil familial est un choix personnel fort : « Il faut avoir du bonheur à partager les choses simples, ne pas vouloir jouer les psychothérapeutes. Nombre d’accueillants sont d’anciens professionnels des maisons de retraite, des centres d’aide par le travail, en quête d’une meilleure qualité de vie et de travail. Ils en avaient assez de ne pouvoir consacrer que quelques minutes à chaque personne dont ils devaient s’occuper en milieu institutionnel. »
Pas de huis clos
Un accueillant familial doit être agréé par le conseil général, pour une, deux ou trois places au maximum. Sa rémunération n’est pas très élevée : « L’accueil d’une personne n’apporte qu’un complément de revenu, de deux personnes un smic », prévient le président de Famidac.
L’essentiel, pour lui, réside dans la qualité des relations humaines : « L’accueil familial ne doit pas se faire à huis clos : la personne accueillie doit pouvoir recevoir des visites et participer à la vie locale quand son état de santé le lui permet. Il n’y a pas de raison à vouloir cacher nos vieux et nos handicapés dans des maisons spécialisées. »
