Un tsunami a frappé la maison de retraite du Saint-Esprit en Martinique.
« Les pensionnaires flottaient sur leur matelas » raconte une aide médico psychologique.
Submergés en quelques minutes, les 31 pensionnaires de la maison de retraite du Saint-Esprit ont retrouvé refuge à l’hôpital… qui a lui aussi les pieds dans l’eau.
« J’ai cru que c’était la fin ». D’une voix pleine de sanglots, les larmes aux yeux, Monsieur Jacaria ne tente pas de dissimuler son traumatisme. A bientôt 75 ans, c’est un des 31 pensionnaires de la maison de retraite de Saint-Esprit. « Je ne dors pas beaucoup la nuit, alors j’étais en train d’écouter France-Inter lorsque j’ai compris qu’il se passait quelque chose. » Ce qu’il se passait, c’est tout simplement que la maison de retraite, située au niveau de la rivière Cacao a été submergée.
« C’est allé très très vite » raconte Nathalie Risal, une des deux aides médicales présentes durant la nuit. « Entre 4 h 30 et 4 h 45, en quelques minutes, on s’est retrouvé avec au moins un mètre d’eau dans les chambres. On avait l’impression d’avoir un tsunami. On ne voyait même plus ou on marchait. Sans avoir le temps de réflechir, avec ma collègue, on a fait sortir de leur chambre les pensionnaires et on les a fait s’asseoir sur la table de la salle de soin. »
Quand elle raconte sa fin de nuit, Nathalie n’a pas des sanglots dans la voix mais elle sait qu’il a fallu puiser énormément d’énergie pour faire face. Ce qu’elle a vécu au petit matin lui restera pour toujours en mémoire.
« En plus tous nos pensionnaires ne marchent pas, certains étaient quasiment en train de flotter sur leur matelas. Je me souviens même avoir vu un crapaud posé sur une table de nuit au moment de récupérer un pensionnaire. »
Coup de chance dans cet océan de malheur, a aucun moment la lumière n’a été coupée. « On avait un peu peur d’un court-circuit et d’être électrocuté, mais au moins, on y voyait clair » soupire Nathalie.
Pour reussir à évacuer les pensionnaires vers l’hôpital voisin, les deux aides médicales ont du arracher le grillage qui entoure la maison de retraite et compter sur le renfort de leur collègues de l’hôpital.
Des collègues qui dans le même temps ne chomaient pas. Tout le rez-de-chaussée de leur bâtiment, accueillant le service d’addictologie s’est retrouvé sous 1,50 mètre d’eau. « On a du briser des jalousies pour évacuer des patients » raconte un infirmier. « En 1981, il y avait eu une grosse inondation, mais rien à voir avec celle là ! »
Après l’urgence vitale, durant la matinée, c’est la débrouille et la bonne volonté du personnel de santé qui a permis aux patients de retrouver leur repères. « Une de nos collègues habite juste en face de la maison de retraite, elle a pris chez elle quelque pensionnaires pour leur offrir un petit déjeuner. »
Provisoirement aussi, les patients de l’hôpital qui pouvaient rentrer chez eux l’ont fait pour liberer des places aux pensionnaires de la maison de retraite.
Source: martinique.franceantilles.fr
