Le concept Snoezelen fonctionne depuis plusieurs années chez nos voisins hollandais. Depuis peu, les français ont commencé à s’intéresser à ces espaces et cette méthode qui, semble-t-il, fait des miracles.
Les personnes qui côtoient de façon régulière les personnes âgées souffrant de la pathologie d’Alzheimer ou autre troubles apparentés, savent combien il est difficile d’entrer en communication avec eux et d’établir un quelconque échange, sans que cela ne se termine en tensions et paroles agressives.
Ainsi, les directeurs et personnels soignants des maisons de retraite se sont intéressés de plus près aux espaces Snoezelen, ces fameuses salles de relaxation qui font parler d’elles. Le concept semble parfait, mais extrêmement coûteux, c’est pourquoi il y a très peu de maisons de retraite qui bénéficient d’une salle Snoezelen dans l’enceinte même de leur établissement.

Récemment, c’est la maison de retraite Sainte Anne de Tinténiac, qui a vu son unité Alzheimer 1, 2, 3, Soleil, s’équiper d’une pareille prestation, pour le plus grand plaisir et la plus grande excitation de tous.
La salle installée par une équipe allemande, est munie d’un matelas à eau de 600 litres qui procure cette sensation de légèreté, des colonnes à eau et à bulles qui changent de couleur, un projecteur qui diffuse des images de ciel étoilé ou de bord de mer, des boules déstressantes et des rideaux de lumière tactiles.
Lorsque la personne pénètre dans cet espace feutré et doux, tous ses sens sont en éveil, et elle se réconcilie ainsi avec le monde. La salle procure un immense bien-être grâce aux jeux des sons et des lumières. Elle permet de créer un lien unique entre la personne soignée et son accompagnatrice, un lien qu’aucune discussion ou effort n’aurait pu créer.
Armand Trotoux, responsable de la structure, explique, « ce concept, imaginé voici une trentaine d’années, était destiné, à l’origine, aux autistes. Aujourd’hui, il est dévolu aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Seules deux ou trois maisons de retraite en sont équipées dans le département ».
Pour optimiser l’utilisation d’une telle salle, doit être formé chaque membre qui sera amené à l’utiliser. Ainsi, sur une durée de deux semaines, les aides-soignantes, aides médico-psychologiques, animatrices, ergothérapeute, psychologue recevront toutes les recommandations et instructions nécessaires.
La directrice de la maison de retraite, Mme Valérie Scotto, attend avec impatience que la formation se fasse, pour pouvoir ainsi, commencer les séances de soins et faire bénéficier le maximum de personnes, « Nous pourrons ensuite commencer les séances qui durent entre vingt et vingt-cinq minutes. Les personnes seront toujours accompagnées pour venir ici. »
Grâce au soutien financier de Lions Club, Mme Scotto a pu également s’équiper d’un chariot mobile qui comporte certains éléments présents dans la salle de relaxation. Le chariot est important dans le sens où il permet aux membres du personnel de se déplacer dans les chambres et de familiariser les pensionnaires sceptiques à cette nouvelle méthode. « Nous l’avons utilisé récemment pour une personne en fin de vie, lui procurant un véritable apaisement. »
Ces investissements n’auraient jamais pu être possibles sans l’aide financière du Lions Club, qui a remis généreusement un chèque de 7500 euros à Mme Scotto, directrice de la maison Sainte Anne.
